Practice title
Transformation des conflits de gestion des pêcheries communautaires dans la Plaine de Waza-Logone: les audaces des petits pas d’une «construction» délicate (Cameroon)
Organisation
Activities of the organisation
Keywords and tags
Summary of practice
ACEEN conduit depuis 2005 un processus de gestion concertée des 15 pêcheries communautaires dans la plaine d’inondation de Waza-Logone. Son but est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des communautés de cet écosystème. Elle vise à court terme (1) la mise en place et la consolidation de la réglementation locale de gestion des pêcheries communautaires, (2) la création et le renforcement des conditions de réalisations des projets sociaux communautaires avec les fonds issus de la vente des produits des pêcheries communautaires et (3) le partage des expériences acquises avec les acteurs des autres zones humides similaires.
Le problème majeur qu’elle traite est celui des comportements (décisions, les pratiques et les actions) que les pêcheurs, les autorités locales, les responsables des services techniques en charge des pêches étaient entrain de développer sans se soucier de leurs conséquences sont les conditions socioéconomiques et l’écologie de la région.
Pour que ses activités et ses résultats contribuent à la conservation de la nature et à la réduction de la pauvreté, l’organisation a fait choix : jouer le rôle de facilitateur pour créer un environnement favorable aux discussions, la prise de décisions et leur mise en application. Elle a également pris le risque d’assumer trois responsabilités majeures : (1) veiller à ce que les droits et les obligations de toutes les parties prenantes à la gestion des pêcheries soient effectivement respectés, (2) aiguiser les consciences individuelles et collectives sur la nécessité de préserver les ressources halieutiques et (3) nouer les relations de partenariat avec les acteurs locaux d’appui aux développement en vue de faciliter de faciliter l’amélioration des conditions sociales et les revenus financiers des communautés des villages qui gèrent mieux leurs pêcheries.

Context description
La plaine d’inondation de Waza-Logone, à l’Extrême-Nord du Cameroun est la région dans laquelle la pratique est mise en œuvre. Ses 200.000 habitants vivent essentiellement de l’agriculture, la pêche et l’élevage. Ils sont d’après leur perception et sur la base des indicateurs de qualité, touchés à 86% par une situation de pauvreté qui n’est pas loin de la misère.
La région est très enclavée en raison de ses caractéristiques géographiques. Elle est extrêmement pauvre en infrastructures et équipements communautaires de base. Elle se présente comme l’arène où les acteurs agissent en fonction des stratégies propres à leurs activités, à leurs logiques culturelles et leurs intérêts économiques personnelles, de groupes ou familiaux. Elle est classée depuis 2006 sur la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale.
La zone d’impacts de la pratique s’étend sur environ 200 km² et correspondant la partie effectivement inondée de la Plaine de Waza-Logone. Elle couvre le nord-est de la commune de Maga, toute la commune de Zina et le sud-est de celle de Logone Birni. Ses principaux villages sont entre autres : Goromo, Malazina, Lahaï, Padmangaï; Davagan, Sifna, Mazera, Sara-sara, Zina, Kaziré, Ngodeni, Zilim, Zimado et Moukak.
Stakeholders involvement
La pratique touche une gamme variée d’acteurs que l’on peut oser de regrouper en trois.
- Le premier groupe est constitué de tous les habitants (hommes, femmes, jeunes d’au moins 18 ans) du ou des villages dont les terroirs abritent les pêcheries. Ils sont les exploitants quotidiens de leurs ressources notamment les poissons et les bénéficiaires des projets sociaux réalisées avec les fonds issus de la vente des leurs produits. Les moyens de leur participation sont entre autres le diagnostic participatif, les consultations de groupes, les audiences publiques, les sessions d’évaluation, etc.;
- Le deuxième groupe comprend les «blama» (chef de 3ème dégré) et les «patcha» (adjoint du chef); les maguivini (dignitaires chez les kotoko), les madam (chargé de la communication chez les kotoko), les maitres des eaux, les sages personnes ressources qui sont généralement les «imam» (chef religieux), les catéchistes et les leaders politiques. Ils sont des villages qui gèrent les pêcheries et ceux de leurs environs immédiats. Ce sont eux qui initient, prennent ou influencent les décisions relatives à la gestion des affaires locales et de la communauté. Les moyens de leur participation sont les mêmes que ceux du premier groupe. A cela s’ajoute le renforcement des capacités en prévention et gestion des conflits à travers (1) la formation, (2) l’accompagnement de proximité (coaching) et (3) les rencontres d’échanges entre les leaders;
- Le troisième groupe concerne les autorités administratives (Sous-préfet), municipales (Maires, ses adjoints et le Président de la Commission des Affaires Sociales), les autorités traditionnelles du 2ème et 1er degré (Auxiliaires de l’Administration et chefs des tribunaux coutumiers), les responsables des services techniques chargés de la pêche (Chefs Centre de Contrôle des Pêches et Délégué d’Arrondissement des Pêches), les responsables de la sécurité (Commandant des Brigade et Commissaires). Ils ont entre autre la charge de la préservation de la paix sociale à la base, l’application de la législation relative aux ressources naturelles et de la promotion du développement local. Ils participent à la pratique à travers les consultations et l’information.
L’approche stratégique utilisée est en quelque sorte la recherche des «modus vivendi», en d’autres termes des «compromis institutionnels, légitimés et opérationnels». Elle débouche sur la combinaison de ce qu'il y a de mieux dans les pratiques, savoirs-faires et savoirs-êtres traditionnels (adaptation souple aux conditions locales) dans un cadre plus large, et sur l’établissement des procédures permettant d’évoluer vers une gestion durable de la biodiversité, juste et transparente des intérêts conflictuels et des besoins qui évoluent sans cesse.
Les étapes les plus décisives de la mise en œuvre sont:
- Le renforcement des capacités des membres de l’équipe de l’ACEEN en médiation et le coaching;
- L’analyse de la gestion et des acteurs;
- Les consultations des différents groupes sociaux ou d’intérêts et des parties prenantes;
- Le renforcement des capacités des leaders locaux sur la gestion et la prévention des conflits;
- La mise en commun des leaders des groupes sociaux ou d’intérêts et des parties prenantes pour négociations et harmonisation des compréhensions
- La production des projets des accords de gestion;
- La tenue des audiences publiques
- La finalisation et légalisation des accords de gestion
- La tenue des sessions d’évaluation de la mise en application des accords
- La révision des accords
- La tenue des nouvelles audiences publiques
- La finalisation et légalisation des accords révisés de gestion
- La tenue des sessions d’évaluation de la mis en application des accords révisés
Critical Success Factors
L’organisation a, au cours d’un forum sur la gestion de la plaine de Waza-Logone tenue en 2005, reçu le mandat de faciliter la mise en place d’une réglementation locale de gestion de ses ressources. Cette disposition lui a permis d’agir en toute «légitimité» et «légalité» et de gagner vite l’estime des populations;
Ses agents sont des jeunes gens très motivés et issus des communautés de sa zone d’intervention. Ils sont perçus dans la plaine comme des «model». Ils connaissent bien l’environnement dans le sens large du terme. Ils ont travaillé par le passé au Projet Waza-Logone et se sont servit des leçons de ses actions dans la mise en œuvre de la pratique. Ils ont bénéficié pendant plus de trois ans des appuis conseils de l’Organisation Néerlandaise pour le Développement (SNV).
Son approche stratégique et les différentes étapes de mise en œuvre de la pratique ont été déterminantes. Elles ont créé un climat de confiance et de transparence chez toutes les parties. Elles ont également permis aux véritables bénéficiaires de la pratique de sentir «maitre du volant».
Les principes de bailleur de fonds, ses exigences et les modalités de son appui ont été prépondérantes. Ils ont permis à l’organisation de procéder par phase et mettre en place une pratique cohérente, efficiente et pragmatique.
Overcoming obstacles and avoiding potential pitfalls
Certains leaders locaux ont réalisé au début de la pratique qu’ils auront à perdre une partie importante de leur influence et des bénéfices qu’ils tirent de la bonne gouvernance des pêcheries. De ce fait, ils ont tenté de saborder les efforts consentis en déformation souvent les informations et en interprétant comme ils veulent les contenus des accords de gestion.
Les autorités et les responsables techniques dans leur majorité ont commencé à ne pas participer de façon appropriée à la mise en œuvre de la pratique alors qu’ils étaient de ceux qui ont donné mandat à l’organisation. La raison est que la promotion de la réglementation locale les «privent des leurs avantages». Ils faisaient valoir que l’Etat qu’ils représentent est le «seul» propriétaire des ressources naturelles et la régulation de leur gestion est «l’affaire» de ses services. Ils ont commencé par bouder les rencontres de concertation et proféraient souvent des menaces à l’encontre des leaders des villages. Pour gérer cette situation, ACEEN a fait usage de plusieurs approches. Elle a multiploé les rencontres d’informations avec les autorités sur son rôle de facilitateur et a mi à leur disposition chaque fois c’est nécessaire, tout document légal qui donne le «droit» aux populations d’initier, de concevoir et de mettre en œuvre des règles de gestion concertée et appropriée d’un espace/ressource de leur terroir. Elle a renforcé à la base les capacités et les pouvoirs des leaders des communautés à résister aux menaces régulièrement proférées à leur encontre par les autorités. Elle a diffusé les connaissances et ses expériences sur la gestion des pêcheries à travers la Radio Régionale de l’Extrême-Nord.
L’organisation a tenté une expérience de dénonciation de comportements des autorités dans la gestion des conflits à travers la publication d’un bulletin d’information. L’approche s’est avérée improductive et dangereuse.
Les autorités locales (traditionnelles et administratives) et les responsables des services des pêches ont de point vue divergent sur la plus-value de l’activité qui consiste à organiser une grande cérémonie de légalisation des documents des accords de gestion des pêcheries. Certains (majoritaires) soutiennent que le fait d’avoir tenu les audiences publiques donne déjà aux conventions révisés la légitimité nécessaire et que le plus important la détermination des différentes parties concernées à appliquer les dispositions consensuellement prises. D’autres pensent que la signature des documents est nécessaire et qu’elle devra intervenir à la fin du projet. Ainsi toutes les parties auraient disposé du temps nécessaire pour s’approprier véritablement les règles et développé les capacités qu’il faudra pour poursuivre le processus sans assistance externe.
Les communautés ont mentionné dans les documents des accords les projets sociaux qu’elles entendent réalisés avec les fonds issus de la vente des produits de la pêche communautaire ainsi que les grandes lignes de la gestion de ces fonds. Elles relèvent que les plans de développement local et le manuel de gestion des ressources nécessaires à leur mis en œuvre, bien qu’ils soient importants, ne sont pas pour le moment déterminants. De ce fait l’organisation a supprimé deux des activités de la pratique.
Results & Lessons learned
Le projet a bénéficié environ 150.000 personnes. Ses principaux résultats sont nombreux et divers.
- 18 pêcheries communautaires sont gérées à travers règles consensuellement élaborées et légitimés par l’ensemble des parties prenantes;
- 121 leaders locaux, tous membres des instances de gestion des pêcheries communautaires sont mieux outillés pour prévenir et transformer les situations conflictuelles;
- 08 zones de frayères intégralement protégées sont créées par les communautés des pêcheurs et les autorités locales;
- Une somme de 25.000.000 f cfa des fonds générés par la vente des produits de pêche communautaire au cours de la saison 2009 a été utilisé pour divers projets sociaux (construction/réfection des salles de classe et leurs équipements, contribution à l’acquisition des points d’eau potables, construction des camps des enseignants, acquisition des motopompes pour la riziculture irriguée communautaire, approvisionnement en médicaments des propharmacies communautaire. La liste n’est pas exhaustive);
- Tous les ménages perçoivent une part d’argent des produits des pêches communautaires;
Le projet a permis l’élargissement des cadres de prises de décisions relatives aux affaires de la communauté à toutes les catégories sociales des villages. Ses actions ont créé des conditions ayant conduit pour une première fois depuis 30 ans environs à une exploitation de toutes les pêcheries communautaires de la plaine d’inondation du fleuve Logone sans aucun effrontément entre les parties;
Il a accru la notoriété de l’ACEEN auprès de l’ensemble des acteurs et usagers des ressources naturelles de la plaine d’inondation du fleuve Logone.
A sa la faveur, l’organisation a réussi à nouer des nouveaux partenariats. Elle a obtenu du :
- Groupe Développement, une organisation française, un appui pour l’enclenchement d’un processus de préservation du fleuve Logomatya et de gestion concertée de ses ressources en eau au niveau du barrage de son lit à Zilim;
- PNUD un appui pour l’Aménagement et la Gestion des 4 Mares Artificielles exploitées en pêche collective dans la zone périphérique inondable du Parc National de Waza.
Les nouvelles compétences et expériences acquises par son personnel, lui a permis également d’établir avec CADEPI, un partenariat pour l’exécution de son projet financé par l’UICN NL
Son expérience lui a permis d’engager avec l’ONG Internationale ACORD la réflexion sur un projet commun devant porter sur la transformation des conflits de gestion des ressources en eau à l’échelle de la plaine (Cameroun et Tchad).
La pratique à ce stade, permet de tirer les principales leçons suivantes :
- Le travail sur gestion des pêcheries communautaires est une véritable action de transformation de divers conflits très complexes et délicats mais passionnants à plusieurs titres. Il exige une expertise (savoirs et savoir-être) et l’adoption de comportements adéquats (savoir être et savoir devenir) qui doivent se renforcer au quotidien pour éviter de commettre des erreurs d’appréciation et d’analyse;
- Les populations, convaincues des bienfaits de la pratique, n’ont pas hésité de faire usage de pouvoirs et des capacités qu’elles ont acquis des divers appuis de l’ACEEN pour obtenir la modification ou la suppression de certaines activités;
- Le renforcement de capacités des leaders locaux sur la transformation des conflits est déterminant dans la mise en place d’une réglementation locale de gestion des ressources communes;
- Le programme de micro subventions de l’UICN NL reste une opportunité idoine pour les ONG locales de mener des actions importantes pour la survie des zones humides et de leurs habitants.
La pratique a connu des légères modifications durant le processus de sa mise en œuvre.
1. Les autorités locales (traditionnelles et administratives) et les responsables des services des pêches ont de point vue divergent sur la plus-value de l’activité qui consiste à organiser une grande cérémonie de légalisation des documents de conventions révisés. Certains (majoritaires) soutiennent que le fait d’avoir tenu les audiences publiques donne déjà aux conventions révisés la légitimité nécessaire et que le plus important la détermination des différentes parties concernées à appliquer les dispositions consensuellement prises. D’autres pensent que la signature des documents est nécessaire et qu’elle devra intervenir à la fin du projet. Ainsi toutes les parties auraient disposé du temps nécessaire pour s’approprier véritablement les règles et développé les capacités qu’il faudra pour poursuivre le processus sans assistance externe.
2. Les communautés ont mentionné dans les documents des accords de gestion des pêcheries les projets sociaux qu’elles entendent réalisés avec les fonds issus de la vente des produits de la pêche communautaire ainsi que les grandes lignes de la gestion de ces fonds. Elles ont relèvé que les plans de développement local et le manuel de gestion des ressources nécessaires à leur mis en œuvre, bien qu’ils soient importants, ne sont pas pour le moment déterminants. Elles ont jugé qu’il n’est plus nécessaire de:
- Elaborer les projets des plans simples de développement local des villages et les manuels de gestion des ressources nécessaires pour leur mise en œuvre
- Organiser des audiences publiques pour l’approbation et la validation des plans simples de développement des villages et des manuels de gouvernance;
3. La suppression de l’élaboration des plans simples de développement local des villages et des manuels de gestion des ressources nécessaires à leur mis en œuvre a nuit à la tenue des rencontres triparties (Communautés, Organismes d’appui aux initiatives de développement et collectivités locales) sur les possibilités de financement des projets sociaux communautaires. Il est envisagé de se servir des idées projets sociaux retenus et des ressources que les communautés disposent déjà, pour produire des fiches de microprojets sans lesquelles, il serait difficile d’obtenir l’appui externe.
4. Les leaders de huit villages et leurs communautés, à la faveur de la restitution des résultats préliminaires de l’étude des peuplements de poisson, ont sollicité l’appui du projet pour la création des zones intégralement interdites d’exploitation pour la frayère, activité qui n’était pas prévue. Le projet a trouvé l’initiative très salutaire et a décidé de:
- Organiser dans les villages des rencontres de concertation de l’ensemble des différents groupes sociaux et d’intérêts sur l’initiative de création des zones intégralement interdite d’exploitation;
- Faciliter les travaux de délimitation, dans les pêcheries communautaires des zones intégralement interdites d’exploitation;
- Faciliter l’obtention auprès des autorités d’un document légal relatif aux zones intégralement interdites d’exploitation.
Conditionality & Replicability
ACEEN et l’ensemble des acteurs de la plaine d’inondation sont convaincus que la pratique contribue de façon perceptible à la préservation de la biodiversité, à la paix sociale et à l’amélioration des revenus des usagers.
Son expérience a relevé que même si les acteurs locaux sont confrontés à un vide juridique, à un enchevêtrement des textes et d’institutions, ils ont en même temps l’opportunité d’initier, de concevoir et de mettre en œuvre des règles de gestion concertée et appropriée des ressources naturelles dont ils dépensent aux réalités de la zone.
Les possibilités de reproduire la même pratique ou d’une pratique similaire que ce soit au niveau de l’ACEEN ou d’autres organisations sont nombreuses. L’organisation a réalisé que la plupart des ONG locales orientent de plus en plus leurs interventions dans la réglementation de la gestion des ressources naturelles et sont confrontées d’énormes problèmes de démarches ou d’approche. Elle a noté que certaines organisations prennent le grand risque en plagiant simplement les conventions qu’elle a développement dans la plaine d’inondation. Dans certaines régions l’application des conventions plagiées a créé des problèmes au lieu de les résoudre.
Les moyens permettant à d’autres parties de bénéficier des leçons qu’ACEEN a tirées sont entre autres :
- Les visites d’échanges;
- L’accès aux documents et informations sur la pratique;
- L’organisation des missions d’appui;
- La participation à des rencontres d’échange;
- La capitalisation et la diffusion par l’UICN NL de la pratique ou tout autre acteur qu’elles auront avec ACEEN convenu de lui confier la tâche;
Sustainability of practice, planning and implementation implications
Aujourd’hui si tout était à refaire ACEEN allait toujours procéder la même manière. La pratique a combiné ce qu'il y a de mieux dans les comportements, savoirs-faires et savoirs-êtres traditionnels (adaptation souple aux conditions locales) dans un cadre plus large. Elle a été participative et pragmatique. Les mesures pertinentes de suivi prises sont entre autres les rencontres systématiques des leaders des communautés et des responsables des services des pêches, les sessions d’appui conseils des équipes de l’ACEEN.
Additional key information
Si ACEEN devrait donner des conseils à une ONG, elle aura à lui dire que :
• La démarche participative reste l’un des «outils» approprié de transformation d’un conflit. Elle offre des possibilités d’apprentissage aussi bien pour les populations locales, l’ONG, ses partenaires et les acteurs étatiques: (1) améliore la qualité des décisions et des solutions en renforçant la qualité et la quantité des informations, (2) renforce l’engagement des parties prenantes vis-à-vis des décisions prises
• L’ONG devra dès le début de son intervention dans la conservation de la nature et la lutte contre la pauvreté , prendre toutes les dispositions pour ne jamais franchir la limite qui sépare le fait de contrôler le processus et celui de créer les conditions permettant aux principaux acteurs, en l’occurrence les communautés à la base, d’évoluer à leur rythme et sans aucune discrimination;
• La conciliation de la conservation de la nature et la lutte contre la pauvreté comporte souvent les éléments de la transformation d’un conflit qui passe nécessairement par la mis en place d’un « régime de gestion concertée». Pour persuader les autorités de s’engager dans son développement, il faudra leur fournir des exemples pratiques illustrant comment certaines communautés parviennent à gérer les ressources de façon paisible, équitable et durable;
• Les groupes sociaux les plus marginalisés, mieux informés et formés, sont capables de négocier leurs droits et responsabilités dans la gestion d’un espace/ressource commune;
• La transformation d’un conflit quelque soit sa taille et sa nature, est «une construction» délicate, jalonnée des tentatives avortées, qu’il faut rependre sans se décourager
ACEEN a produit un document de capitalisation des résultats et des leçons apprises d’une des phases de son processus de gestion des ressources naturelles de la plaine dont les activités ont été financées par l’UICN NL. Ce document est intitulé «Gestion de plaine d’inondation de Waza-Logone, D’une véritable tragédie au redécollage perceptible ». Il est disponible en version hard et électronique.
Elle aura à produire au mi 2010, un document d’évaluation du son processus de gestion des ressources naturelles de la plaine d’inondation de Waza-Lgone.